Avec moi dans le rôle de Bob. Accrochez-vous, c’est compliqué avec intrigues, malentendus, stress, romance, mais sans intrigues ni romance, en fait.

vendredi 29 septembre 2006

Cher ouèbelogue,
Je suis fatigué. L’oeil torve et cerné, cela fait maintenant plusieurs jours que je dois dormir trois heures par nuit pour échapper à leur vigilance, que je me balade avec mon matelas pliable et que je n’ai plus accès à mes affaires de toilette. Ma barbe a poussé et les vêtements de rechange se font rares aussi. Cependant je suis content, car je sais enfin que tout ça va prendre fin

Si vous avez lu la note précédente, vous savez que je suis parti à l’aventure une dizaine de jours fin août. En fait, je pensais partir plus longtemps, prendre plus de temps pour visiter Kyushu, ou même pousser jusqu'à Okinawa. Mais j’ai du rentrer, car ici à Nagoya, une toute autre aventure m’attendait.

En effet, je ne sais pas si je l’ai déjà raconté quelque part ici mais mon année au Japon est divisée en 2 parties : 6 mois à l’Université, et 6 mois en stage dans une entreprise. Et le 1 Octobre est la date officielle à laquelle je devais changer de statut et devenir stagiaire. Mais pour être stagiaire, une chose est indispensable : un stage !

Le saviez-vous ?
Au Japon la très très grande majorité des stages sont de 2/3 semaines voire 3 jours ! supeeer !

Bref, devant trouver un stage de 6 mois, j’étais pas dans la merde. Les boites pour lesquelles je m’étais inscrit dans un programme de "foreign internship" m’envoyaient leurs refus… bref tout ça pour dire que j’ai trouvé mon stage super tard, à peu près au début d’Août. Je suis bien content, car ils me proposent même de m’engager en temps qu’assistant de recherche à partir de décembre, pour pouvoir me donner une paye (car ils n’ont pas le droit de rémunérer les stagiaires). Je serais donc stagiaire en octobre et novembre, puis assistant après. (si si, c’est important pour la suite.

Mais voila que la personne qui serait responsable de mon stage se met en silence radio pour plusieurs semaines.

Bref c’est à peu près là que je pars en voyage. De toutes façons, j’ai accès au net de partout dans ce pays, je peux toujours communiquer. Heureusement que j’ai la bonne idée de prendre contact avec la secrétaire de mon futur maître de stage, qui elle, répond à ses mails ! Ah, ces mecs, ont peut vraiment pas leur faire confiance pour répondre à leurs messages (et je sais de quoi je parle !)

Il est maintenant temps de vous parler de l’élément rigolo n°2 : trouver un appart. Dès que j’ai réussi à rentrer en contact avec les gens de l’endroit ou je vais bosser, je leur demande s’il y a moyen d’avoir un logement ou du moins des renseignements. Réponse : "pas de logement, mais voici une super page web (en japonais) où il y a quelques apparts". Bien sur j’y pige que dalle…

Mais le truc qui m’a fait vraiment revenir de voyage, c’est l’élément rigolo n°3 : le VISA ! Moi, pauvre petit naïf, je pensais qu’en temps que stagiaire j’étais encore étudiant, et donc mon visa d’étudiant serait encore valable. Ben non en fait. Vu que je ne suis plus étudiant à l’université de Nagoya, ils ont bien sur invalidé mon visa… Donc pendant que j’étais en voyage, je reçois un coût de fil de mon université pour me dire de venir immédiatement au bureau pour entamer les procédures de changement de visa

Donc je résume :

  • un maître de stage qui fait du sous-marin
  • pas d’appart
  • pas de logement

De plus, elle me prévient que je dois quitter ma chambre le 22 septembre, alors que jusqu'à présent je pensais pouvoir y rester jusqu'à mon déménagement. Breeeef, tout ça s’annonce bien !

Le jour de mon retour, je vais donc au bureau de mon université, ou on me dit que je dois changer mon visa en "researcher visa" pour pouvoir travailler, et que cette procédure prend une vingtaine de jours. Ca tombe bien, i me reste un mois, soit dix laaaarges jours de sécurité… oh, naïf j’étais, je vous l’ai dit

Ben sur une des pièces qu’il me fallait pour le visa était la lettre d’acceptation de mon établissement. Etant en correspondance journalière avec la secrétaire du NiCT (là ou je vais bosser) depuis deux semaines, je lui demande cette lettre. Et là elle me dit que ce n’est pas possible tant que je ne leur aurait pas envoyé un papier particulier, et que même là, il faudrait deux semaines pour qu’ils puissent m’envoyer l’attestation. Ok, là je commence à flipper. Bref je me démène pour savoir comment faire, j’essaye de voir si une attestation provisoire pourrait suffire, et si je pourrais avoir cette attestation plus rapidement. Ca semble bon ! Vite vite, aux papiers

Mais quelque chose m’intriguait. Au fur à mesure de mes mails avec la secrétaire … je devais toujours expliquer des trucs que j’avais déjà expliqué quand j’étais allé là bas… au bout de quelques temps une horrible idée m’effleure. J’ose poser la question et mes craintes se confirment : mon maître de stage n’avait jamais expliqué ma situation à sa secrétaire. De ce que j’ai compris, il avait seulement lâché un "il bossera ici à partir de d’octobre". La secrétaire ne savait donc pas que je serais stagiaire pendant 2 mois avant d’être engagé officiellement.

Hop donc retournement de situation ! Ils ne peuvent pas me donner une attestation de travail si je suis stagiaire, vu que je suis encore en statut d’étudiant ! Certes mais mon visa lui ne le sais pas ! Je re-flippe donc un peu. Et là idée de génie de la part du bureau de l’université : puisque c’est que pour deux mois et que je ne serais pas payé, je n’ai qu’à prendre un visa de visiteur temporaire… Hop re-renseignement pour connaître les procédures pour changer de visa. Et joie, obtenir le visa temporaire est plus rapide qu’un autre visa : deux semaines. Encore une fois ça tombe bien, c’est exactement le temps de validité de visa qu’il me reste.

Enfin, c’est "à peu près deux semaines" ce qui veut dire que s’ils ont du retard, je vais peut-être me retrouver résident illégal sur le sol japonais. Déjà que quelques jours plus tard, j’allais devenir sans domicile fixe …

Donc après avoir réussi à récupérer tous les papiers (dont certains venant directement de France depuis mon université de Grenoble.) je fais ma demande de Visa. Nous sommes le 15 Septembre, sois sûrement le dernier jour où j’ai une chance d’avoir mon visa à temps.

Ouf, une bonne chose de faite. Le logement, maintenant. A toute chose malheur est bon, dit-on. La secrétaire du NiCT me disait qu’ils n’avaient pas de logement pour moi. Mais en fait comme elle s’est rendue compte que je serais stagiaire, elle m’apprend qu’ils peuvent en fait m’en fournir un pour mes deux premier mois ! Youpi, un souci de moins (dans l’immédiat, en tout cas !)

Bref toujours est-il que pour le 22, je clean ma chambre à fond, empaquette tout mon bordel, en me prépare au checkage de chambre... Et là, j’apprends qu’en fait cette date du 22, est encore une fois le résultat d’un malentendu. En fait je peux rester jusqu'au 25. Cool un peu de répit. Bref pendant ces quelques jours, on se couche tard (et bourrés), pour féter le départ d’un de mes derniers amis. Mais comme on a plein de trucs à faire, on doit se lever tôt. C’est le début de la fin de mon sommeil.

Le 25 arrivant. Je quitte ma chambre, et la résidence … légalement… pour en fait revenir le soir, en effet un pote en voyage me prête sa chambre pour 2 nuits. Le problème c’est que c’est tout a fait illégal, et que les gardiens sont là de 6h du matin jusqu'à 21h30 tous les jour. S’ils me voient je peux avoir de sérieux problèmes… et je n‘exagère même pas, ils rigolent vraiment pas avec les règlements, ici. Voila pourquoi je me retrouve à devoir quitter la résidence tous les matins à 5h30 et quelques, pour ne revenir que la nuit. De plus, maintenant je vais de chambre en chambre et je me trimballe donc mon matelas pliable sous la main.

Vendredi finalement, j’ai reçu la réponse du bureau de l’immigration, et j’ai pu récupérer mon visa de touriste !

Donc tout est bien qui finit bien. Je suis toujours sdf et fatigué mais au moins tout est réglé maintenant !

Enfin, jusqu'à dans deux mois. Ah ben oui, je vous ai pas dit ? Puisque je passe de stagiaire à chercheur, je dois changer mon visa, et aussi mon appart … mais ça c’est une autre aventure !